William DIMES
Hôte de Cannes



né en 1790, Angleterre
Décédé en 1876, Cannes

 

William Dimes, né le 20 décembre 1790 à Londres, est décédé le 9 août 1876 à Cannes, âgé de 86 ans, Villa Vallergues (acte n° 251). Fils des défunts William Dime et Suzanne Short, et veuf de Elisabeth Wintesgill, il résidait à Londres et à Cannes. Avocat de profession, il vivait de ses rentes.
Entre 1810 et 1815, William est employé chez un avocat, Carter Draper. En 1816, il apparaît dans l'annuaire judiciaire comme avocat au n° 7, Thravies Inn, Holborn. Entre 1817 et 1821, son adresse se situe à Hatton Garden, puis en 1822 au n° 10, Bond Court, Walbrook, Shoreditch. De 1824 à 1833, il demeure au n° 26, Princes Street, Bank, puis il habite durant 11 années au n° 18, Austin Friars, Broad Street. En 1846, son cabinet d'affaires se situe au n° 46, Linclns Inn Fields puis en 1848, au n° 20, Pall Mall. Revenu au n° 18, Austin Friars en 1851, on le retrouve en 1856 au n° 2, New Bond Street. Il a alors disparu alors de l'annuaire judiciaire.
Indépendamment des procès rapportés par le journal Times, 26 avril et15 juin 1832, 16 décembre 1833, 16 janvier et 30 avril 1834, 17 mai 1842, 28 avril 1846, 28 novembre 1849, 23 juillet 1851, 26 juin 1852, il fut personnellement impliqué dans quelques procédures.

Dans la première, il poursuivit les exécuteurs testamentaires de son beau-père. Les dividendes revenant normalement à son épouse avaient été versés à la mère de celle-ci. William gagna le procès qui dura tout de même 8 longues années entre 1820 et 1828.
L'acquisition vers 1815 du manoir de Rickmansworth entraîna une seconde affaire. Propriétaire de la terre qui longeait le fleuve Colne, William était tenu d'entretenir le pont qui traversait le cours d'eau. Après sa reconstruction en 1833, il engagea des poursuites contre les propriétaires des terres situées sur l'autre rive pour récupérer la part qui leur incombait pour le coût engagé, ce qu'il gagna en appel en 1835.

En cette même année un autre long conflit débuta. En 1797, le « Grand Junction Canal » avait été construit à travers la terre du manoir en vertu d'un accord passé entre la compagnie du canal et M. Skidmore, tenancier du domaine. M. Skidmore mourra en mai 1835 et William déclara qu'en l'absence d'héritier, l'usage était que la terre revint au propriétaire des lieux. Il entreprit une action contre la compagnie du canal, laquelle fut entendue aux assises de Hertford, puis devant la cour de King's Bench. Le droit de William ayant été confirmé, celui-ci installa une barrière à travers le canal pour bloquer la navigation. La compagnie offrit 3600 £ pour son droit de passage, mais William en exigea 5500 £ ce qu'elle refusa. Finalement William fut contraint par la justice de laisser le libre accès au passage des bateaux. Entre temps, la compagnie avait établi qu'Edouard Lucas, neveu de M. Skidmore pouvait en tant qu'héritier devenir le nouveau locataire des terres, ce que William contesta. En 1849 les problèmes n'étaient toujours pas résolus. William employait encore des personnes chargées de surveiller les bords du canal pour en écarter les chalands. Un nouveau procès pour violation de l'arrêt de la cour de justice s'engagea. William découvrit alors que le Lord Chancelier Cottenham, qui avait confirmé l'arrêt en appel, était actionnaire de la société « Grand Junction Canal Company ». William réclama l'invalidité du jugement. Il fit alors creuser un fossé en travers le chemin de remorquage et fit mettre une chaîne en travers le canal. Ceci entraîna son incarcération à la prison de « Queens Bench » en janvier 1850 pour mépris de la cour. Il y restera jusqu'en juillet après avoir accepté de ne plus bloquer le trafic. En 1852 la Chambre des Lords révoqua le Lord Chancelier mais déclara recevable les décrets prononcés. William dut assumer les frais du procès perdu, soit 2000 £. Il lègua sa seigneurie en faveur de son fils en 1853, et il la vendit en 1857. D'un caractère vindicatif, il s'opposa même aux membres de sa famille, et plus particulièrement à son frère Thomas. En 1837, William avait acheté le domaine d'Oldstone à Blackawton, dans le sud Devon, avec son hypothèque de 8000 £. Il y séjourna peu, étant la plupart du temps à Londres.

Lorsqu'il se retira des affaires vers 1856, il acheta une propriété à Cannes, la villa Vallergues, et s'y installa. Le terrain, aménagé en terrasses, était planté d'oliviers, d'orangers et de vignes. En 1866, son fils venu lui rendre visite, écrivait « mon père côtoie des membres de la société variés et amusants. Son mode de vie est plutôt excentrique. Martin Banaud et son épouse Angela et leur bébé sont ses seuls domestiques. Il fait la plupart du temps sa cuisine lui-même. -- - Original et peu usuel dans ses idées, les familles les plus dévotes sont préoccupées par ses perspectives de l'au delà et me disent qu'il n'est décidément guère orthodoxe sur les sujets religieux. »

William mourut à Cannes en 1876.

Il avait épousé Elizabeth Wintersgill Piercy en septembre 1817 à Sainte-Mary, Islington avec dispense de bans. Elizabeth était la fille du capitaine John Wintersgill Piercy et de son épouse Mary. Après le décès de son père John en 1802, sa mère Mary se remaria avec Richard Scott. En 1799, le capitaine John avait investi 2000 £ dans un emprunt contracté par l'East India Company de Calcutta à un taux de 10% sur 10 ans. Cette source de revenus servit de dot lors du mariage du couple. Elizabeth mourut à Oldstone et fut enterrée à Blackawton dans l'été 1848. Le 7 Novembre 1848 William obtint l'administration des biens de son épouse pour un montant de 800 £.